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Pour un numérique responsable ...

Sensibilisation à la protection des données des enfants à destination des parents

Sensibilisation à la protection des données des enfants à destination des parents

Allons à l’essentiel concernant la protection des données des enfants : les enfants commencent à surfer sur internet vers 5 ans et 10 mois, et 46 % des 6–10 ans ont déjà un smartphone. Donc, dès les premiers usages, des données partent un peu partout : photos, position, historique, infos scolaires, identifiants test.

Les points essentiels à retenir pour les parents souhaitant assurer la protection des données des enfants :

  • Avant 15 ans, un enfant ne peut pas accepter seul un service en ligne fondé sur le consentement (Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, Article 45).
  • Vérifier les réglages de confidentialité, les accès caméra/micro/GPS et les mots de passe.
  • Limiter le sharenting : pas de photo publique, pas d’école, pas d’adresse, pas d’info qui permet d’identifier l’enfant.
  • En cas de souci, il faut garder des preuves, je signale sur la plateforme et je contacte le 3018.
  • Également, il est possible de demander l’accès, la correction ou la suppression de certaines données ou d’anciens contenus.

Beaucoup de parents manquent de repères :

  • 57 % n’utilisent pas de contrôle parental,
  • 44 % disent manquer d’aide,
  • 60 % ne savent pas vers qui se tourner en cas de cyberviolences.

C’est pour cela que la CNIL et l’AFCDP ont présenté, le 10 mars 2026, un kit pour aider les entreprises et administrations à informer les salariés-parents en 1 h 30.

En clair, il faut retenir 4 idées : moins partager, mieux régler, mieux sécuriser, et connaître les droits de l’enfant. La suite sert à transformer ces règles simples en gestes du quotidien.

Protection des données des enfants : chiffres clés et réflexes essentiels pour les parents

Protection des données des enfants : chiffres clés et réflexes essentiels pour les parents

Protection des données des enfants : comment les enfants utilisent les services numériques et quelles données sont collectées

Dès qu’un enfant utilise un service en ligne – appli éducative, jeu, réseau social – des données sont collectées. Et ce point peut passer sous le radar pour la famille, comme le rappelle la CNIL.

Dans les faits, on retrouve souvent les mêmes types de données dans les usages du quotidien.

CatégorieSources courantesExemples concrets
IdentitéRéseaux sociaux, jeux en lignePrénom, âge, nom de l’école, identifiants et mots de passe
VisuelsApplications de messagerie, partage de photos par les parentsPhotos, vidéos, enregistrements audio
LocalisationSmartphones, montres connectéesLocalisation GPS, lieux fréquentés
ScolaritéPlateformes éducativesNom de l’établissement, niveau, résultats
TechniquesNavigateurs, applicationsCookies, adresse IP, historique de navigation et de recherche, identifiants de l’appareil

Le point à retenir est simple : plus l’usage est fréquent, plus la collecte devient large. Et quand les règles à la maison sont floues, le risque grimpe d’un cran.

Protection des données des enfants : pourquoi les enfants sont plus exposés selon le RGPD et le droit français

Le RGPD demande une attention renforcée pour les mineurs. La raison est assez directe : un enfant mesure moins bien les effets durables d’une publication, d’un partage ou d’un réglage activé par défaut. Il ne voit pas toujours non plus que ses données peuvent servir au ciblage commercial, ni que ce qu’il publie peut être dur à faire disparaître.

Il y a aussi l’effet de groupe. Entre 7 et 10 ans, l’envie de faire comme les autres peut pousser certains enfants à créer un compte sur un réseau social avant l’âge légal de 15 ans, en contournant les garde-fous prévus. À cela s’ajoute un point très concret : les bons réflexes de sécurité sont souvent absents. Beaucoup d’enfants, à l’instar de leur parents, n’utilisent pas de mots de passe solides, ni de mots de passe différents selon les services. Résultat : leurs comptes sont exposés au piratage.

Protection des données des enfants : les habitudes numériques à la maison que les parents doivent eux mêmes adopter afin de surveiller

Dans la vie de tous les jours, les risques montent surtout quand les appareils restent en libre accès, que plusieurs personnes utilisent les mêmes comptes ou que les paramètres de confidentialité ne sont jamais revus. Une tablette ou un smartphone laissé dans la chambre ouvre la porte à une navigation sans contrôle, à des échanges avec des inconnus et à des contenus qui ne sont pas de leur âge.

Le sharenting ajoute une autre couche au sujet. Quand des parents publient des photos ou des infos sur leur enfant, ils créent une empreinte numérique avant même qu’il puisse donner son accord. De son côté, la géolocalisation laissée active en permanence, sur un smartphone ou une montre connectée, peut révéler les habitudes de déplacement de l’enfant à des tiers.

C’est dans ce cadre que le droit français prévoit des règles et des droits propres aux mineurs.

Un enfant de moins de 15 ans ne peut pas accepter seul un service en ligne fondé sur le consentement. Il faut l’accord d’un parent. En clair, la majorité numérique est fixée à 15 ans.

Ce n’est pas la seule règle à avoir en tête. Le RGPD impose aussi plusieurs principes pour les données des mineurs : minimisation des données, transparence et sécurité. Dit simplement, un service ne doit pas demander plus d’informations que nécessaire, doit expliquer clairement ce qu’il fait, et doit protéger les données collectées. D’où un réflexe simple : vérifiez avec votre enfant les paramètres de confidentialité, et pas juste une fois à l’inscription.

Protection des données des enfants : ce que les parents doivent savoir sur le consentement, l’effacement et les services en ligne

Le droit à l’effacement peut aider beaucoup de familles. Il permet de demander la suppression de contenus ou de données mis en ligne, surtout quand l’enfant était plus jeune et ne voyait pas encore les effets possibles à long terme. Une photo postée trop tôt, un vieux compte oublié, un contenu gênant publié à 11 ou 12 ans : tout cela peut parfois être retiré.

Les parents peuvent aussi aider leur enfant à exercer son droit d’accès, de rectification et d’effacement. Le bon cap, c’est une autonomie accompagnée. On ne fait pas “à la place de” en permanence ; on explique ce que chaque droit permet, à quel moment s’en servir, et comment faire la demande.

Tableau : responsabilités des parents, droits des enfants et situations numériques courantes

Voici les bons réflexes dans les cas les plus fréquents.

SituationResponsabilités des parentsDroits de l’enfantPrincipe applicable
Inscription sur un réseau socialVérifier le consentement et les réglages de confidentialitéDroit à une information adaptée à son âge ; droit à l’effacementConsentement et transparence
Appareils de géolocalisationN’activer la géolocalisation qu’en cas de besoinDroit à la vie privée ; droit de s’opposer à un suivi permanentMinimisation des données
Plateformes scolairesVérifier la confidentialité des outils utilisésDroit d’accès et droit de rectificationTransparence
Publication de photos d’un enfantDemander l’accord de l’enfant et éviter les informations identifiantesDroit à l’image et à la vie privéeMinimisation des données
Suppression d’un ancien compteDemander la suppression du compte ou du contenuDroit à l’effacementDroit à l’effacement (RGPD)

Protection des données des enfants : les gestes quotidiens pour réduire les risques liés aux données

Après le cadre légal, place aux gestes concrets à appliquer au jour le jour.

Prévenir le cyberharcèlement, le surpartage et les publications risquées

Le sharenting, c’est le fait de publier en ligne des contenus sur ses enfants. Avant de poster quoi que ce soit, demandez l’accord de l’enfant, floutez les éléments qui permettent de l’identifier et limitez la visibilité de la publication.

Mieux vaut aussi utiliser un pseudonyme, ne pas mentionner l’école ni l’adresse, et relire chaque post avec l’enfant avant publication. Ce petit réflexe évite bien des problèmes. En cas de cyberharcèlement, gardez les preuves, signalez le contenu sur la plateforme concernée et contactez le 3018.

Les publications ne sont pas le seul point sensible. Les réglages de confidentialité jouent aussi un rôle direct dans la baisse de l’exposition.

Protection des données des enfants : gérer les cookies, le pistage et la sécurité des comptes

Prenez le temps de vérifier avec l’enfant les paramètres de confidentialité, application par application. Pour la caméra, le microphone et la géolocalisation, la règle est simple : n’autoriser que ce qui sert, et seulement au moment où l’appli en a besoin.

Côté navigateur, il vaut mieux refuser les cookies non essentiels, effacer l’historique, activer la navigation privée et installer un bloqueur de publicité. Pour les mots de passe, le principe est clair : un service = un mot de passe unique et solide. Et dès que possible, activez la double authentification.

Tableau : bonnes pratiques vs pratiques risquées à la maison

DomainePratique sûrePratique risquée
Publication d’imagesVérifier l’accord de l’enfant, flouter les visages, limiter la visibilité au cercle privéPublier des photos identifiables sans accord ; une fois en ligne, le contrôle est perdu
GéolocalisationDésactiver le GPS par défaut ; n’autoriser que pendant l’utilisationLaisser la géolocalisation active en permanence sur toutes les applis, exposant les trajets quotidiens
Mots de passeUn mot de passe unique et complexe par service + double authentification activéeLe même mot de passe simple sur tous les jeux et applis ; une seule fuite compromet tous les comptes
Acceptation des cookiesRefuser systématiquement les cookies non essentiels ou publicitairesCliquer sur « Tout accepter » pour accéder plus vite au contenu, permettant la construction d’un profil détaillé

Pour les parents, ces règles passent souvent mieux quand elles s’appuient sur des supports pédagogiques adaptés à l’âge de l’enfant.

Protection des données des enfants : ressources pour les parents et sensibilisation en entreprise

Les ressources pédagogiques de la CNIL pour les 8–10 ans et les 11–15 ans

La CNIL propose des supports simples à utiliser selon l’âge de l’enfant.

Pour les 8–10 ans, on trouve Tous ensemble, prudence sur Internet ! et Tous en mission, Gardiens et Gardiennes du numérique. Ces ressources donnent les premiers repères sur les usages en ligne, sans noyer les enfants sous trop d’infos d’un coup.

Pour les 11–15 ans, la CNIL met à disposition le manga Agence Privacy, le livret Un océan de données et l’application Fantomapp. Ici, on entre dans des sujets un peu plus concrets : la vie privée, les données personnelles et l’empreinte numérique.

Ces supports peuvent aussi servir en interne, comme base pour un atelier destiné aux salariés-parents.

Organiser une session de sensibilisation de 1 h 30 en entreprise ou en administration

Lors du webinaire du 10 mars 2026, la CNIL et l’AFCDP ont présenté un kit « prêt à l’emploi » destiné aux DPO pour animer des ateliers d’1 h 30 auprès des salariés-parents. Le format est pensé pour aller droit au but : jusqu’à 30 participants, en présentiel ou en hybride, avec une présentation projetable, des temps d’échange et des ressources à emporter.

Ce type d’atelier proposé par Opt-on à ses clients peut s’inscrire dans une démarche RSE. Il est animé par le DPO, et l’idée est simple : donner un cadre clair, concret et utile pour aider les salariés-parents à mieux accompagner les usages numériques de leurs enfants.

Conclusion : ce que parents et employeurs doivent retenir

L’essentiel tient en deux points.

FAQs

Comment vérifier l’âge minimum d’un service ?

Consultez les conditions d’utilisation du service concerné.

En France, pour les moins de 15 ans, le consentement au traitement des données personnelles doit être donné ou autorisé par le titulaire de l’autorité parentale.

Les services numériques doivent donc vérifier l’âge de l’enfant et obtenir cet accord parental, sans empiéter sur sa vie privée.

La CNIL met aussi à disposition des livrets et des outils pédagogiques.

Comment demander l’effacement d’un ancien contenu ?

Pour demander l’effacement d’un contenu en ligne au sujet de votre enfant, partez d’un point simple : les mineurs ont des droits propres sur leurs données personnelles, dont le droit à la suppression.

Concrètement, vous pouvez contacter directement le service ou la plateforme qui héberge le contenu et demander le retrait des informations ou des images concernées. Le plus simple est d’indiquer clairement ce que vous voulez faire enlever, avec les liens ou captures utiles à l’appui.

La CNIL propose aussi la vidéo « La battle qui a trop de succès » pour montrer ce droit de façon claire et parlante.

Quels réglages revoir en priorité sur le smartphone d’un enfant ?

La CNIL conseille de régler le smartphone avec l’enfant, pas de le laisser se débrouiller seul. C’est le bon moment pour lui montrer, concrètement, ce qu’il faut vérifier en premier :

  • la géolocalisation, à laisser désactivée en permanence ;
  • les mots de passe, qui doivent être solides et différents d’un service à l’autre ;
  • les comptes de réseaux sociaux, à passer en mode privé avec un pseudonyme.

Pensez aussi à regarder de près les autorisations données aux applications. Caméra, micro, localisation : si une appli n’en a pas besoin pour marcher, mieux vaut refuser. Faites de même avec les cookies non obligatoires, et supprimez de temps en temps l’historique de navigation.

De plus en plus, des produits dédiés aux enfants sont proposés sur le marché afin de garantir que le contenu de l’appareil ne va pas se retourner contre les données de l’utilisateur et participe réellement à la protection des données des enfants.